354  (Histoire (partie deux)) posté le jeudi 22 mai 2008 20:35

 


N’y a-t-il rien de plus sordide que l’émotion même de la trahison ? Lorsque l’on se sent amoindri par une moitié vaincue depuis tellement longtemps. Celle qui s’est supprimée solitairement, remettant son souvenir dans les mains d’un seul être. Celui qui est digne d’une loque. La perdition totale d’un cerveau qui cherche à comprendre, à se surpasser. Mais aux raisons du vide.

« Pourquoi ?! » se dit-on devant pareil massacre. Et seul l’écho de notre question résonne férocement jusqu’à nous. C’est d’une faiblesse alarmante. Ne même pas savoir pourquoi l’abandon a eu lieu et en oublier même son commencement. Parce que oui, plus le temps passe, moins la névrose se souvient de son début.

Infâme laideur d’une osmose inachevée.


Être Cassidy n’est pas un jeu si évident. Semblable à une paumée, coupée en deux, charmée par un nauséeux, asphyxiée par des sentiments de fous. Elle vivait ainsi depuis tellement longtemps qu’on ne savait même plus comment la plaindre. Et plus on la regardait, moins on se souvenait de ce mal-être qui prenait possession de son âme toute entière la forçant à haïr pour une moindre chose et à aimer pour une pareille dose. C’était vide de réciproques, de possibilités, elle était parallèle à la dépression cruelle de son humanité qui luttée pour rester à la surface de la normalité.

Pauvre de nous dans certains cas, pauvre d’elle dans sa condition.

Et c’est avec peine qu’elle dû donner signe de vie à ce garçon avec qui elle avait trop donner son corps, dans le simple espoir de faire vivre à travers elle sa jumelle désormais éteinte aux yeux de tous. Bien qu’elle semblait lui dicter ses moindres gestes et mots quotidiennement. Une folie absurde probablement.

Après trois sonneries qui lui parurent durer une éternité, le téléphone de son compagnon de malheur ne ressembla plus à un bip continuel mais à une voix lui appartenant.

 



_ Allo, Axel. C’est Cassie…

 

lien permanent

355  (Histoire (partie deux)) posté le jeudi 22 mai 2008 21:30

« Oh Cassie ! Quelle surprise ! Je-Je ne m’attendais pas du tout à toi » répondit le jeune homme à l’autre bout du combiné. « Est-ce que tout va bien ? »

 



_ O-Oui Axel, merci beaucoup. Mais c’était plutôt à moi de poser la question, je n’ai pas eu de tes nouvelles depuis… un peu trop longtemps d’après moi.

« Et bien, tout va très bien. »

Seulement… pensa Cassidy, angoissée à l’idée de raccrocher le téléphone après quelques mots échangés comme s’ils étaient des étrangers ou de vieux amis. Elle sentait que quelque chose n’allait pas, c’était comme si elle ne lui appartenait plus, qu’il s’était trouvé quelqu’un d’autre. Déjà ? Se disait-elle, incapable de l’imaginer toucher encore à une autre, une nouvelle fois. Loin de leurs chimères communes.
Se serait tellement douloureux qu’il l’oublie sans même prendre connaissance de sa souffrance sordide qui s’abat sur elle continuellement, ne lui laissant que le repos de l’inachevé. A moins que son comportement ne soit que le fruit d’un mensonge fraternel ?
Cassidy se tapa le front, mal à l’aise, une impression de vide se répandant autour d’elle. Déjà que sa chambre était d’un noir poussé à l’extrême, voilà que maintenant, rien que le fait d’adresser la parole à Axel Campbell lui donnait une impression de néant. Et s’il parlait de nouveau à cette meurtrière, elle serait blessée cruellement.

 



_ Dans ce cas… excuses-moi de t’avoir déranger, souffla-t-elle sous la pression de l’image d’Aline.

« Mais, tu ne m’as pas dérangé Cassidy ! Au contraire, je suis ravi de t’avoir au téléphone. C’est juste que… ce n’est pas tellement le moment idéal… »

_ Et pourquoi cela ?

« Pour diverses raisons »

_ Sois plus explicite Axel, qu’est-ce qui se passe ? Tu t’es retrouvé quelqu’un d’autre ? Tu as envie d’oublier… Ou encore mieux, tu reparles à ta sœur ?


Et voilà qu’elle lui exposait ses doutes comme si de rien n’était. Ils étaient sortis sans qu’elle n’ait le temps de réagir. Comme un pantin désarmé face à son subconscient, elle s’était laissé aller à sa propre vérité. C’était comme vouloir attraper un animal sauvage en lui jetant des pierres.

« Arrêtes d’être si négative. J’ai mes raisons, et elles sont privées. »

 



_ Depuis quand… Depuis quand on se cache tout Axel ? En deux ans, on a perdu tous nos repères… Et Ronan, que devient-il ? Tous les trois, c’était censé être pour la vie même après la mort d’E…

« Ecoutes Cassidy, c’est vraiment pas le moment. Désolé. »

 

lien permanent

356  (Histoire (partie deux)) posté le jeudi 22 mai 2008 22:02

 

_ C’est bon, j’ai comprit, tu es toujours en fuite Axel.

« Et toi, tu te noie dans le passé. De nous deux, ce n’est pas moi le plus lâche Cassidy. »

 



Cassidy écarquilla ses yeux instantanément, comment pouvait-il lui dire cela ? C’était tellement vexant et blessant qu’une tempête n’aurait jamais pu la stopper dans la course sans pitié que réalisait son esprit. Horrifiant.
Pendant une seconde, elle se surprit à le haïr, maudire ce qu’il venait de lui cracher en plein visage. Une simple constatation de son état. Elle était dépendante d’un mal-être insoutenable qui la rendait folle de plus en plus chaque jour.

_ Laisse tomber Axel, excuses-moi de t’avoir ennuyé, je n’aurais pas dû me comporter comme une amie attentive. Au-revoir.

 



Et elle lui raccrocha finalement au nez sur ces mots. Ainsi vont les choses, elle était faible et conne. Douloureusement malheureuse. Prise au dépourvu entre son chantier intérieur, celui qui se tenait sur les vestiges de son rire enfantin et sa folie physique et névrotique. C’était tellement cruel.

 

lien permanent

357  (Histoire (partie deux)) posté le jeudi 22 mai 2008 22:12

 

Ecoutez : Marilyn Manson - Sweet Dream (are made of this)

 

 

_ J’en ai marre ! S’énerva dans une frustration sordide Cassidy tout en reposant le combiné du téléphone. Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter tout ça ?!

C’était bien vrai cela. Qu’avait-elle fait pour subir tant de peines et de haines mêlées dans un seul et même fardeau. C’était le prix supplémentaire d’avoir perdu sa moitié ? Quelle cruauté des Dieux.

Sous l’emprise de la colère, Cassidy se retourna avec violence vers le bureau de sa chambre. L’endroit où se nichée sa conscience meurtrie, celle qui lui faisait atteindre la plénitude de sa folie.

 



_ Ellen ! Pourquoi ton - enfoiré - de copain me refuse aussi soudainement ? J-Je n’ai rien fait contre lui pourtant ! J’ai tout réalisé dans les moindres détails de ce que tu désirais ! J’ai perpétué ton image à travers la mienne pour qu’il ne t’oublie jamais, j’ai joué de mon corps pour que cela marche, et qu’en est-il aujourd’hui ?! Monsieur est occupé ?! C'est bien cela ?!

Sur ces derniers mots, elle donna un violent coup de pied dans sa table de nuit qui percuta le mur dans un bruit sourd.

_ Quel petit fils de pute ! Frère de damnés !

 



Dans son imminente interprétation de la réalité, Cassidy entendit quelques mots sortir de la bouche de sa défunte jumelle. Des mots sans doute issues d’une double façon d’exister. Seul les fous peuvent comprendre ce qu’il se passe et juger eux-même de la plausibilité de la scène. Si Cassidy souffrait d’une double personnalité ou bien si elle était totalement lucide et n’appartenait en fait qu’à la folie réelle, ils étaient les seuls à pouvoir émettre une réponse de cela. Quoiqu’il en soit, elle l’entendait et ça, personne d'humainement banal ne pouvait le comprendre.

 

lien permanent

358  (Histoire (partie deux)) posté le jeudi 22 mai 2008 22:17

 

 

Un éclair de folie plus tard, elle se retrouva face au miroir, au côté d’une image cadavérique d’Ellen. Une Ellen qui ne ressemblait même plus à la véritable forme de son personnage. Elle n’était qu’une imitation que seul Cassidy savait admirer et écouter. Une douce mélodie intérieur lui ordonnant de sombrer encore plus loin. La beauté battant le laid, s’écrouler en devenait de plus en plus facile. La simplicité de ses actes se confondant avec sa sœur.

Petite partie d’elle-même. Un morceau de chair inactif jeté aux rampants depuis fort longtemps déjà, mais suffisamment vivace dans l’esprit pour se recréer une forme tactile pour un seul être.

C’était sans doute le prix du silence et de l’ignorance des autres. A trop passer inaperçu son âme a congédier la noirceur. Et le tout ne sera qu’un final apocalypticodramatic.

 

lien permanent



 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | Web | Jeux du moment : Fallout 3 PC | Lego Batman : The videogame Wii | Dementium : L'Asile DS | Resident Evil 5 PS3 | Resident Evil 5 360