364 (Histoire (partie deux)) posté le dimanche 25 mai 2008 18:15

 

 

_ Bonjour Eliam, répondit Axel sur un ton légèrement froid.

_ Qu’est-ce qui t’amène ici ? Un problème ? Ou tout va bien ?

Axel releva la tête vers le brun à la mèche blanche, il le dévisagea d’une façon très peu agréable durant quelques secondes, puis, sans émettre un seul jugement sur sa question, il lui dit :

_ Je voudrais voir ma sœur s’il te plaît.

Eliam, à son tour, prit une expression vide pour Axel, comme s’ils commençaient un concours neutre de vie à eux deux, ils se toisaient l’un et l’autre avec une dose de mépris qui n’était pas négligeable.

_ Elle dort, je suis désolée.

_ Non Eliam, je suis réveillée,
annonça la voix d’Aline en direction du salon.

 



Elle venait tout juste de se redresser, le visage faible et abattu, elle semblait tellement épuisée que l’on était même pas sûre si elle était réellement sortie de son sommeil. La seule chose qui était certain, c’est que la voix de son petit frère l’avait sorti de ses songes, un peu comme lorsqu’ils étaient plus jeunes et qu’elle sentait de loin les émotions d’Axel et que, parfois, dans un sursaut, elle se réveillait pour lui.

Comme quoi, même avec le temps, les liens fraternels ne se divisent pas. Même si le cœur n’y est plus, il existe toujours un part d’inquiétude pour l’autre, celui qui possède le même sang. Parfois, cela est réciproque, et d’autres fois… Il n’y a qu’un individu sur les deux qui se souvient de cet amour puissant et indestructible, l’autre s’étant noyé dans son égoïsme et sa forteresse de déshonneur. Mais ce n’était pas le cas d’Aline et Axel, lui aussi, il avait senti le malaise de sa sœur, c’est pourquoi il était venu lui rendre visite.

De plus, les mots d’Amanda lui disant de ne pas se détourner à nouveau d’Aline l’avait fait réfléchir. C’est vrai qu’elle n’était pas si mauvaise, simplement malchanceuse et perdue entre les mains de son destin pourris.

 

lien permanent

365 (Histoire (partie deux)) posté le dimanche 25 mai 2008 18:42

 

Cette fois-ci, debout dans le couloir, il percevait la gêne qu’occasionnée sa présence. Et dire qu’ils n’étaient même pas au courant qu’il avait récupéré Amanda, répartie en mille morceaux de douleurs. Pourtant, il se sentait dérangeant, et c’était sans doute ce sentiment qui parcourait aussi Aline, mais sans le savoir. Ils avaient chacun peur de la présence de l’autre, trop de temps s’était écoulé pour qu’ils puissent encore se connaître correctement. Ils ne s’appréhendaient plus comme à l’origine, ils avaient perdu beaucoup en quelques années.

Vraiment beaucoup.

 



_ Oh, Aline, se surprit quelque peu Axel en voyant sa sœur aînée apparaître devant lui.

Il ne savait pas s’il devait être heureux de la voir ou s’il devait se comporter froidement. Quoiqu’il en soit, il fit de son mieux pour sembler naturel, il ne la regarda donc pas directement dans les yeux, faisant fit de l’ignorer.

_ Axel, je suis heureuse de te voir, ça me touche que tu viennes ici, je…

_ Amanda loge chez moi, coupa sèchement le jeune homme sans lever les yeux vers Aline, ne supportant plus d'entendre ce sordide acceuil.

La jeunne femme, perturbée, dévisagea son frère avant de le regarder alternativement avec Eliam. Plusieurs secondes lourdes de sens marquèrent le temps, Aline espérait que l’un d’entre eux ouvre la bouche avant elle, mais il semblerait que les hommes ne soient pas en mesure de réagir. Quelle surprise. C'était pourtant évident, ils ne réagissaient jamais sans intérêts.

_ Co-Comment va-t-elle ? Demanda-t-elle, véritablement intéressée par son ancienne amie.

_ Tout dépend de son humeur.

 



_ Je présume que tu étais venu pour nous dire qu’elle était avec toi ?
Intervînt soudainement Eliam.

Axel, de dos à l’ex d’Amanda sentit les traits de son visage se crisper. S’il ne haïssait plus tellement sa sœur désormais, il ne pouvait pas supporter ce sale briseur de cœurs. 

lien permanent

366 (Histoire (partie deux)) posté le dimanche 25 mai 2008 19:25

 

 

_ Oui en effet, je suis venu ici pour vous informer qu’elle était avec moi, et donc, sans danger.

_ Merci Axel… soupira Aline, mal à l’aise par cette situation qu'elle n'aurait jamais cru voir atteindre son frère.

_ De rien, répondit amèrement le jeune homme.

_ Je suis sérieuse, si elle est à tes côtés, c’est que ça va pour vous deux, assura-t-elle en posant ses deux mains sur son cœur.

Axel, toujours mêlé à cette sensation de déranger les deux traîtres répliqua sur une voix méprisable :

_ Arrêtes, t’es ridicule.

 



Le regard d’Aline, doté d’une étincelle visa en un éclair Axel, chose qui décupla son malaise et accentua aussi celui de sa sœur. Ils n’étaient vraiment plus fait pour s’entendre, et pourtant, leur sang leur dictait le contraire. Seulement, en cette seconde, la décharge qu’ils s’étaient envoyés les avait paralysé pour un petit bout de temps. La jeune femme haïssait qu’on lui dise ce genre de chose, elle savaient parfaitement bien ce qu’elle était, et recevoir une critique pareille de la part de la dernière personne qu’elle voudrait se remettre à dos était assez douloureux. Mais cela ne paraissait pour personne, elle écrasait les émotions qui pouvaient se lire en elle pour ne laisser sortir qu’un léger coup qui foudroyait n’importe qui se retrouvant dessous.

_ Bon, et bien Axel, maintenant que tu nous as mit au courant, il vaudrait mieux que tu t'en ailles, demanda un Eliam, aussi gêné que les deux Campbell ici présents.

_ Probablement, répondit le jeune châtain en baissant les yeux, désolé de vous avoir dérangeait pour si peu, acheva-t-il en insistant sur le "si peu".

_ Ne t’excuses pas, c’était important, assura sa sœur.

 

lien permanent

367 (Histoire (partie deux)) posté le dimanche 25 mai 2008 20:29

 

 

A l’extérieur de la maison, dans la voiture, Amanda attendait patiemment que son ami ressorte de ces lieux. Elle ne supportait plus de voir cette maison se dresser devant ses yeux. Les décors la rendait malade, lui rappelant encore son ancien couple avec Eliam.

C’était vraiment idiot, bien que l’événement soit maintenant assimilé dans sa tête, et qu’Axel soit présent pour l’aider, elle ne parvenait pas à effacer ces années communes dans le réciproque amoureux. Tout était flous à ses yeux, rien ne disparaissait, seul l’odeur d’Eliam s'était atténuée, mais son image, sa douceur et son corps persistait dans l’esprit de la jeune femme.

On est tous en constante souffrance intérieur. Dés notre plus jeune âge, notre esprit est conditionné dans une atmosphère où l’amour se propage tendrement. D’un petit bisou jusqu’au véritable corps à corps de l’adolescence, tout est lié dans cet Univers sordide. Et la souffrance de perdre un amant se fait à tout époque et pour n’importe quel temps. A l’instant qu’il y a eu une promesse, on se retrouve maudit dans l’attente d’une nouvelle sauvegarde.

Et la névrose se transforme en mélancolie du plus faible.

lien permanent

368 (Histoire (partie deux)) posté le dimanche 25 mai 2008 20:57

 

 

A l’instant où elle commençait à s’impatienter cruellement, Amanda aperçu enfin Axel sortir de cette maison aux deux horreurs. Durant quelques secondes, elle eut peur de voir Eliam ou Aline apparaître sur le seuil de la porte, mais il semblerait qu’ils aient eu suffisamment de jugeote pour ne pas se manifester. Tant mieux, ses yeux n’étaient pas d’humeur à supporter une chose pareille. Elle avait besoin de revivre et non de chuter. Déjà le fait d’avoir accepter de se déplacer au côté d’Axel pour rassurer ces deux individus sur son sort ne fut pas de son goût, mais pour le sourire de ce sauveur, elle avait tout de même obtempérée.

*    *
*


Par contre, de loin, à l’abri des regards. Caché dans un buisson discret, se tenait une jeune femme au cœur grossier. Comme une insulte à son âme, elle regardait Axel repartir de la demeure d’Aline Campbell, blindé d‘une certaine puissance, il descendait les escaliers tranquillement pour rejoindre une jeune femme rousse dans une petite fiat. Quelle honte.

 



Cassidy, figée comme un poteau électrique regardait la scène se dérouler. L’avancement certain d’un jeune homme semblant revenir sur ses décisions de haine et sa démarche un peu trop ravi d’une attitude de redressement mental. Elle le détaillait sur tous les plans, et cette coiffure neuve, comme s’il redémarrer sa vie sur de nouvelles notes.

Il ne l’avait pas averti de ce renouveau grotesque. De cette émotion titanesque qui remontait la pente des déchus. D’où tirait-il cette force ? Il avait pourtant tout perdu. La femme de sa vie, son meilleur ami et même sa fille. Alors comment Diable pouvait-il tenir le coup et marcher d’une manière aussi droite ?

C’était un spectacle vomissant. Les Campbell étaient trop tenace, c’était injuste.

Elle ne méritait pas ça.

 

lien permanent