
La vie est un souhait que l’on
parfume d’amertumes et de regrets. De rencontres et de
désillusions aussi. Des incohérences
préconisant le Mal en son milieu, l’endroit le plus
pittoresque à rencontrer, celui qui, même dans le
doute, s’acharne sur l’existence et la détruit
morceaux par morceaux, saccageant ce qu’il en reste par
l’ignorance douloureuse des élus.
Deux longues semaines venaient de s’écouler, emportant
avec elles la moindre parcelle de calme qui régnait sur la
ville. Une ville qui se dispensait désormais d’une
âme pure et de celui qui s’y était
attaqué. Ross Stewart fut enterré un lundi
après-midi, et seuls ses proches qui ne le connaissaient pas
dans son ensemble s’étaient déplacés
pour un dernier hommage. Son dernier fils n’était pas
venu lui dire au-revoir, jugeant plus important de rester à
l’écart d’une pareille cérémonie
d’insuffisance. Il avait bien plus de choses à
gérer que la mort de son père adoptif, bourreau de
son âme. Et ce qu’il avait à gérer
n’était pas de tout repos, il s’agissait de
Sergueï Kelton. Celui dont il n’avait plus de nouvelles
depuis sa sortie du commissariat.

En effet, en bon chanceux qu’il est - ou en bon riche - il
fut très rapidement libéré, ainsi que sa
sœur, Joane Harold. Ils ne sont pas restés plus
d’une semaine derrière les "barreaux", deux amies de
la jeune femme avait sortie le grand jeu pour les aider à
fuguer de cette justice d’injustices. Ils étaient donc
de nouveau libre, capable de tout, et même de rien à
la fois.












